Marseille Capitale de la surveillance

Entre 1 500 et 2 000
caméras de surveillance dans l’espace public à l’horizon 2021

1/8 des effectifs de la police municipale sont affectés au Centre
de Surveillance Urbaine (CSU) fonctionnant 24h/24h et 7j/7j, soit 47 policiers

Marseille,
un des réseaux de vidéosurveillance les plus important en France (3ème place en 2019).

Les caméras sont concentrées essentiellement dans l’hyper-centre commerçant et touristique.
Les quartiers réputés sensibles sont sous-dotés.

Un coup de comm’ politique ?

  • Travaux d’installation : de 20 à 25 000 €.
  • Frais de location : de 290 à 870 € par mois pour toute sa durée de vie.
  • Coût moyen de fonctionnement : 4 600 € par an (forfait incluant la location, l’entretien et la maintenance.).

C’est le coût global d’investissement de la première phase de déploiement de la vidéosurveillance (2012 – 2016).

C’est ce que les 500 nouvelles caméras (v)ont coûter (2018-2021).
Jackpot !

En fonctionnement, le système de “vidéoprotection” coûte environ 7 millions d’euros à la ville chaque année.

En 2016, 90%de l’activité du Centre de Surveillance Urbaine était de la> vidéoverbalisation. 

En 2015, le système de vidéo surveillance a fourni des images utiles dans environ 1% des enquêtes menées par la police nationale.

Mais les caméras de surveillance doivent avoir un effet dissuasif et donc faire baisser la délinquance ?

Non, aucune étude ne permet de montrer une corrélation entre vidéosurveillance  et baisse de la délinquance.

Observatoire Big Data de la Tranquillité Publique.

En 2016, la Ville de Marseille annonçait un plan de 10 à 12 millions d’euros pour développer la “Vidéoprotection Intelligent

Un opérateur privé aux manettes !

Ineo filiale d’Engie.

L’entreprise a remporté l’appel d’offre
pour un montant de 1,8 millions d’euros.

WHAT FOR?

Le cahier des charges évoque la possibilité de “détecter la préparation d’événements sauvages ou d’actes de délinquances (ex. apéros géants, marchés à la sauvette, rackets aux abords des écoles”) et d‘”anticiper les risques / menaces susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité des citoyens (ex. évaluation du risque de rassemblements dangereux par analyse des tweets”.
Cela, “en s’appuyant sur l’identification des acteurs (qui parle ? qui agit ? qui interagit avec qui ?) et remontée des fils de conversation
(qui organise ? qui est le primo-déposant ?)”.

KEZAKO ?

C’est un dispositif informatique de surveillance automatisée de la ville et de la population produite à partir d’une grande quantité de données. Sa mise en route était initialement prévue pour fin 2020.

Le dispositif doit permettre d’analyser et recouper des données provenant des marins-pompiers, des hôpitaux, de la RTM et de la police, mais aussi des réseaux sociaux, les opérateurs de télécommunications, et des citoyens eux-mêmes.

Devant les faibles résultats de la vidéosurveillance, une partie de la classe politique et les entrepreneurs de la sécurité proposent la Vidéo Protection Automatisée.
Reconnaissance faciale et biométrique, analyse automatique des images, police prédictive et tutti quanti.
Toujours plus.

En 2018, le marché de déploiement d’un dispositif de vidéosurveillance automatisée est attribué à l’entreprise SNEF, un intégrateur de solutions de vidéosurveillance basé dans la citée phocéenne.
La Ville n’a pas communiqué sur l’ampleur réelle du projet.

Vidéosurveillance automatisée.

Qu’est-ce que c’est ?

Le traitement automatique de données (…) afin de détecter des anomalies/incidents/faits remarquables.

la « détection d’anomalies non identifiables par un opérateur » et la « gestion de l’espace public, analyse des piétons/véhicules ainsi que des comportements ».

La détection “d’objets abandonnés”, de “tags” (graffitis) et de “vol/disparition/destruction de mobilier urbain”.

La recherche d’image « à l’aide de filtres », l’un de ces filtres étant « individu (description, avatar, photo) ».

Le projet précise que la mairie se réserve la possibilité d’ajouter certaines fonctionnalités comme : « détection sonore » (explosion, coup de feu), la « reconstitution d’événements » (comme le parcours d’un individu) la détection de « comportements anormaux » (bagarre, maraudage, agression).